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Le sens olfactif chez le chien

Que se passe-t-il lorsque le chien flaire dans l’air? Ou qu’il piste ses croquettes préférées? Il renifle à une vitesse incroyable. Quand je vois mon chien sentir frénétiquement, je me demande ce qu’il sent et ce qu’il se passe dans sa truffe. Comment fonctionne le sens olfactif chez le chien?

Truffe d'un chien bringé
Truffe d’un chien

Le sens le plus développé chez le chien est l’odorat.

Le meilleur ami de l’Homme a la capacité de prédire une crise d’hypoglycémie ou une perte de conscience avant même que nous les ressentions. Il peut localiser des bombes, de la drogue, de l’argent, des personnes disparues, blessées ou décédées. Mais ce n’est pas tout, il peut aussi sentir sous la terre ou la neige ou encore prévoir les personnes qui arrivent.

N’est-ce pas fascinant?

Informations sur la truffe

L’odorat est impliqué dans divers comportements canins : la reconnaissance sociale (intra et interspécifique), la reproduction, la recherche de nutrition, la prise de nourriture, …

Avez-vous déjà sorti un médicament, et vu votre chien disparaître?

Eh bien, il a simplement senti que ce n’était pas quelque chose qu’il aimait au niveau du goût (s’il fuit parce qu’il est stressé ou qu’il en a peur, consultez un éducateur canin à jour dans ses méthodes).

Données

Saviez-vous que 80% des chiens ont un orifice olfactif au niveau de la canine en plus des narines? Certains canidés peuvent même retrousser leur lèvre supérieure afin de les utiliser comme les chevaux.

Mais pour la majorité des chiens, ils reniflent à une vitesse plus grande que la normale : jusqu’à 6x par seconde. Observez attentivement la truffe lorsqu’il fait ça, c’est juste impressionnant. Cette petite bête a une sensibilité (ou acuité) olfactive de 1 000 à 100 000 fois supérieure à celle de l’humain.

Anatomie simplifiée

Voici un schéma que j’ai dessiné qui vous servira pour visualiser la plupart des termes ci-dessous :

Anatomie interne simplifiée du nez d'un chien
Anatomie interne simplifiée du nez d’un chien

Les mots à connaître pour la suite :

Cavité nasale : une par narine, contient en majeur partie le système olfactif (cornets, nerfs, …)

Cornets nasaux : sont au nombre de 3, prennent en charge la majorité de la respiration fonctionnelle, remplissent presque entièrement la cavité nasale

Voile du palais (palais mou) : s’étend jusqu’au niveau de l’épiglotte (peut être trop long chez les chiens brachycéphales)

Nasopharynx : fait partie du pharynx, est spécifique à la respiration, dirige l’air inspiré

Bulbe olfactif : riche en connexions synaptiques très complexes

Nerfs olfactifs : englobe les neurorécepteurs et de multiples cellules

Neurorécepteurs : proviennent des gènes (3% du génome chez le chien, 1% chez l’humain), permettent le transport des molécules odorantes jusqu’au bulbe

Le trajet des odeurs

Le trajet commence avec les molécules odorantes. Ces dernières sont volatiles et stimulent les muqueuses olfactives. C’est ensuite dans la cavité nasale que le tout se passe.

Lorsque le chien inspire, le courant d’air transporte les molécules dans la cavité. La plupart de l’air se rend au nasopharynx quand seulement 7% va jusqu’au bulbe olfactif.

Lorsque l’air rentre dans les narines, les molécules passent une couche de mucus pour interagir avec les récepteurs olfactifs. Une molécule peut se fixer sur plusieurs récepteurs différents et inversement, un récepteur peut fixer plusieurs molécules odorantes différentes.

Une réaction se crée et permet la naissance d’un message codé qui se propage via les nerfs olfactifs et atteint le bulbe olfactif. Tout ceci permet l’interprétation des odeurs par le cerveau.

Anatomie interne simplifiée du nez d'un chien
Anatomie interne simplifiée du nez d’un chien

Facteurs qui jouent sur le sens olfactif

Différents facteurs surviennent dans la sensibilité aux odeurs.

Il y a les facteurs physiologiques sur lesquels on peut plus ou moins avoir une influence. Mais il y a aussi les facteurs environnementaux qu’on ne peut pas toujours contrôler.

Physiologiques

La race du chien joue sur la sensibilité : la surface dédiée à l’olfaction et le nombre de cellules réceptrices sont variables.

En effet, l’anatomie du chien joue un rôle prépondérant dans le perçu des odeurs. Les chiens brachycéphales, dû à leur face raccourci, auront un débit d’air moins élevé et donc, une moins grande quantité de molécules odorantes à analyser.

Il semble que la pigmentation des muqueuses joue également un rôle. Les canidés à robe foncé sont plus à même de détecter les odeurs.

Au niveau du sexe, il paraît que les femelles possèdent une meilleure aptitude que les mâles dans l’odorat : un  taux élevé d’œstrogène avec un taux de progestérone bas augmente la sensibilité olfactive.

Quand il est question d’âge, peu de ressources permettent de voir l’évolution de l’odorat. Cependant, il semble que ce n’est qu’à 14 ans que le nombre de cellules olfactives diminue.

Là où nous pouvons aider notre compagnon, c’est quand il s’agit de nutrition, d’hydratation et d’exercices physiques.

La nourriture joue un rôle important dans la diminution ou l’augmentation de l’acuité olfactive. Le jeûne augmente la sensibilité tandis que la satiété la diminue. Cela est relié à deux molécules qui influent sur la faim, et en même temps, sur l’odorat.

Une alimentation riche en acides gras saturés (par ex. l’huile de noix de coco) entraîne une forte diminution de l’odorat. 

Bien entendu, la déshydratation a son mot à dire. Lorsque le corps manque d’eau, les muqueuses sont asséchées : les molécules odorantes ont donc beaucoup plus de difficultés à atteindre les cavités nasales.

L’état physique du chien a une part de responsabilité dans l’acuité olfactive.

Notre ami canin doit avoir régulièrement de l’exercice physique pour être efficace. Mais attention, si vous lui faites chercher quelque chose après un effort, les capacités en seront affaiblis.

En effet, de l’exercice régulier, oui, mais avec des périodes de repos, comme lorsque l’on souhaite se muscler.

Environnementaux

Les conditions météorologiques affectent la muqueuse olfactive. Cela engendre donc des variations dans la sensibilité.

Les températures extrêmes et le vent dessèchent la muqueuse. Tandis que les gouttes d’eau ou les flocons de neige provoquent la création d’un film sur la surface de la muqueuse. Cela perturbe le fonctionnement normal et empêche l’animal de bien sentir.

Du côté des polluants : cigarettes, produits chimiques et j’en passe, peuvent diminuer la sensibilité sur le long terme : en effet, certains peuvent irriter, d’autres détruire l’épithélium (muqueuse). Parfois, certains polluants affectent directement le bulbe olfactif.

Petite anecdote avec mon chien : j’ai rencontré un jour une madame avec mon p’tit lou. Il va vers elle pour se faire flatter car il aime le monde. Le lendemain on recroise la dame, mais cette fois elle fumait. Mon chien voulait aller de l’autre côté de la route! 

J’ai parfois l’impression que mon chien sait ce qui n’est pas bon pour lui. Il ne va pas manger le chocolat, juste le sentir par exemple.

Enfin, certaines maladies peuvent aussi amener à des lésions, mais nous verrons les maladies dans un prochain article.

La météo ne fait pas qu’assècher ou recouvrir la muqueuse, elle peut aider le chien à retrouver son objectif.

En l’absence complet de vent, il sera plus difficile au chien de repérer sa piste.

En effet, le chien sera contraint de passer à proximité de son objectif pour pouvoir la sentir.

Cependant, s’il y a un vent léger face au chien, cela aide les molécules odorantes à atteindre le nez. Mais attention, un vent violent, quant à lui, éparpille de manière anarchique les molécules.

Lorsque les molécules sont exposées au soleil trop longtemps, elles se détruisent, contrairement à la fraîcheur qui les conserve.

Cependant, pour une meilleure diffusion des odeurs, une température élevée sans être extrême est adéquate.

Pour ce qui est de la pluie, les fortes averses font disparaître les odeurs, tandis que la rosée, le brouillard ou la pluie fine n’y changent rien.

Des idées pour travailler l’odorat

  • Cacher des croquettes dans vos mains, sous une couverture, un carton, etc…
  • Donner les croquettes à manger dans le jardin
  • Prendre un vêtement à soi, le cacher, faire sentir un autre vêtement et faire chercher le chien
  • Pour d’autres idées ou pour des formations, visitez le site De Main De Maître : disciplines, cours de détection d’odeurs

Je vous laisse sur une petite vidéo ludique :

Comment les chiens voient-ils avec leur nez? TED Ed
Sources

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