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Problèmes d’olfaction chez le chien

Le nez du chien est important pour de multiples raisons. Son odorat est le sens le plus utilisé : il voit en quelque sorte à travers les odeurs. Ça lui permet de connaître son environnement et de savoir ce qu’il mange. Malgré cela, ses muqueuses nasales font parfois l’objet de maladies.

Le sens olfactif est très développé chez le chien
Le sens olfactif est très développé chez le chien

Savoir lorsque son animal perd son odorat

Lorsqu’il y a une perte de l’odorat, totale ou progressive, on parle d’anosmie.

Un des symptômes les plus voyants pour nous, est que votre animal va changer de comportement face à sa nourriture préférée. 

Attention, cela peut être dû aussi à autre chose : médicaments, dépression, douleurs, …

Un test peut être fait pour connaître le seuil d’anosmie, c’est-à-dire pour définir à quel stade est la perte de l’olfaction (100%, 75%, 50%, …).

L’olfactométrie est une étude quantitative de la perception olfactive.

Il y a deux sortes d’olfactométrie : subjective et objective.

L’olfactométrie subjective

La difficulté de l’olfactométrie subjective est l’évaluation standardisée. Beaucoup de choses influent sur l’odorat : alimentation, environnement, objets, …

Ce test correspond à déterminer les comportements naturels pour lesquels aucun apprentissage n’a été réalisé.

Pour faire fonctionner ce test, il faut créer un environnement expérimental le plus neutre possible et contrôler toutes les interactions et distractions externes, plus particulièrement pour ce qui touche aux odeurs.

Le fonctionnement du test est assez simple : une substance odorante (eugénol) est diluée dans une autre (propylène glycol) qui est considérée comme sans odeur.

Une éprouvette témoin est composée uniquement de propylène glycol et est donc sans odeurs.

Les autres contiennent l’eugénol qui est plus ou moins dilué afin d’obtenir des concentrations progressives (pas du tout d’eugénol, un petit peu, un peu, moyen, beaucoup, …).

Le témoin ne contient que la substance inodore. Au fur et à mesure, la substance odorante est ajoutée en plus grande quantité (en bleu).

Les animaux sont placés sur le côté droit, yeux bandés. Puis chaque dilution est présentée à 2 centimètres de la truffe pendant 10 secondes toutes les 15 secondes.

Lorsque le chien flaire, se lèche la truffe, bouge la tête vers la source, s’en détourne… c’est  considéré comme une réponse positive : le seuil de détection est donc définie par la première dilution où le chien émet une réponse.

Cette méthode pour définir le seuil d’olfaction peut être difficile à réaliser : non seulement à cause de l’environnement, mais il faut également la coopération du chien.

Ce n’est pas tous les chiens qui acceptent de se faire bander les yeux et de rester allongé sur le côté sans s’agiter ou sans dormir.

L’olfactométrie objective

Cette méthode est plus coûteuse mais permet d’être plus juste vis-à-vis du seuil d’olfaction du chien. Elle se base sur des électrogrammes (rapport graphique).

Pour effectuer une électro-olfactographie (stimulation olfactive) ou une électro-encéphalographie (radiographie), le chien doit être anesthésié et placé sur le côté droit. Ces deux méthodes utilisent également un olfactomètre qui délivre un stimulus de vapeur odorante au système olfactif via des cathéters dans les narines.

Pour la première, des électrodes sont placées dans chaque narine en contact avec la muqueuse olfactive, une au niveau de l’os nasal et une autre au niveau de la seconde canine. Le chien reçoit donc une concentration d’une substance de manière graduelle afin de définir son seuil.

La deuxième méthode consiste à mettre en place des électrodes placées au niveau des lobes frontaux droit et gauche et occipitaux droit et gauche du chien. Une fois de plus, la substance est délivrée de manière graduelle pour définir la sensibilité de l’odorat.

Nous connaissons les tests possibles pour définir le seuil, mais parlons maladies maintenant.

Le syndrome brachycéphale : une maladie courante

Comment le repérer ?

Certaines races de chien sont prédisposées à l’avoir : les chiens à face aplatie comme le Carlin et le Bulldgog par exemple. Les signes correspondent à une respiration bruyante, surtout lors de l’inspiration. 

Ces boules de poils ne tolèrent pas l’exercice physique et peuvent se retrouver à la suite de ça avec une langue et des gencives bleues ou des malaises. Enfin, la chaleur et l’humidité excessive aggrave ces symptômes tout comme l’obésité

Physiquement, les chiens avec le syndrome brachycéphale ont un long palais mou qui bloque le larynx. Il se peut que ce soit l’un des raisons qui fait que ces chiens dorment en général sur le dos. Ils ont également des narines dites sténotiques.

Le mot « sténotique » représente un rétrécissement de la narine : la respiration par le nez est donc difficile.

Comment le soigner ?

La langue épaisse empêche une visualisation correcte du larynx lorsque le chien est éveillé. Afin de poser un diagnostic physique complet, le chien doit être anesthésié.

Le palais mou trop long pourra être rétréci : scalpel, ciseaux ou laser peuvent être utilisés.

Il sera étiré avant d’être coupé plus court.

Les narines peuvent également être corrigées au besoin afin d’améliorer la respiration.

Outre les aspects physiques, il y a aussi des infections qui mettent en danger l’odorat de nos amis à quatre pattes.

Infections : danger pour la muqueuse olfactive

La maladie de Carré (distemper)

Cette maladie provient d’un virus très contagieux. Lorsque les chiens éternuent ou sont nez-à-nez, le virus se transmet lorsqu’un des deux est malade.

Les symptômes peuvent être neurologique (vision, spasmes, salivation, …), digestif (manque d’appétit, vomissement, diarrhée, …) ou respiratoire (toux, écoulement nasal ou oculaire, …).

Le chien peut s’en remettre, mais avec quelques séquelles comme de l’hyperkératose sur la truffe et les coussinets (épaississement des muqueuses). Le virus s’attaque aux muqueuses des organes respiratoires et peut donc faire en sorte que le chien perd son odorat.

Pour limiter la propagation et les risques, le vaccin doit être fait.

Le virus parainfluenza et la toux de chenil

Le virus parainfluenza est très contagieux. En tant que tel, il ne cause pas de soucis lorsqu’il est seul. Le gros problème avec lui c’est qu’il permet à d’autres maladies de se déclarer comme la toux de chenil. Cette dernière se transmet très facilement et touche la gorge, la trachée et les bronches. Les deux endroits principaux où le chien peut l’attraper sont les refuges ou les chenils et en promenade.

La toux de chenil provoque une toux sèche qui survient souvent après un effort ou l’excitation. Il y a souvent des écoulements au niveau du nez et des yeux. 

Si vous avez des doutes, téléphonez à votre vétérinaire, il vous dira quoi faire au besoin.

Pour diminuer les risques que votre chien soit infecté, pensez à le vacciner annuellement.

Le mot de la fin

Plusieurs maladies touchent le nez du chien : que ce soit de naissance ou par transmission, il faut penser au bien-être de notre boule de poils. Le syndrome brachycéphale peut être “amusant” pour l’humain à cause des bruitages que le chien fait, mais il ne l’est pas pour la petite bête à quatre pattes : il a du mal à respirer et ça peut engendrer des malaises

D’autres maladies arrivent à cause d’un virus, c’est pourquoi il est important de faire vacciner votre ami à quatre pattes chaque année. La maladie de Carré ou la toux de chenil peuvent disparaître naturellement, mais ces deux maladies sont très contagieuses et affectent plus durement les chiots et les chiens âgés.

Faites-vous des jeux de flaire avec votre chien ? Comment s’en sort-il ?

Sources

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